Meurtre à Noyal : l’accusée prend six ans ferme
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La Cour d’Assises d’Ille et Vilaine, à l’issue d’un peu moins de trois heures de délibérations, a condamné jeudi après-midi, la femme, sous curatelle renforcée, accusée du meurtre de son compagnon dans la nuit du 11 au 12 septembre 2004, à Noyal-sur-Vilaine, à 6 ans d’emprisonnement. Son ami et locataire de l’appartement, où se sont déroulés les faits, accusé de non assistance à personne en péril, a été acquitté.
L’avocat général avait indiqué aux jurés la direction à suivre, le matin même, en requérant une peine de 5 à 7 ans pour l’accusée et l’acquittement pour l’homme assis à ses côtés, sur le banc des accusés. Après avoir déclaré : « il y a forcément eu un agent extérieur : c’est l’accusée. Elle est à l’origine de la mort, elle l’a revendiqué et le revendique encore aujourd’hui ».
Concernant le locataire, en démontrant que la mort était intervenue avant même le réveil de l’homme décédé, l’infraction devenait donc impossible juridiquement. L’acquittement avait donc été requis.
La voie était donc toute tracée pour Me Gosselin pour la défense de son client, qui attirait tout de même l’attention des jurés sur toutes les singularités de cette affaire tant en termes de procédure, de personnages mais aussi de l’audience : « Il est assez exceptionnel, pour un accusé, d’être défendu des deux côtés de la barre ».
La tâche était beaucoup plus rude pour Me Josse-Tiriau, défendant les intérêts de l’accusée. Il a tenté d’installer, une ultime fois, le doute sur le déroulement des faits. Se fondant sur l’ensemble des expertises médicales et psychiatriques, il a voulu démontrer les conséquences graves qu’occasionnerait pour sa cliente – dont l’altération très importante du discernement et du contrôle de ses actes avait été largement établi à l’audience – une incarcération. Il a ainsi plaidé pour une peine assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve.
À l’annonce du verdict, régnait dans la salle d’audience, une espèce de confusion quant aux précautions à prendre dans le cadre d’une telle incarcération immédiate pour ce type de condamnée, n’ayant effectué aucun jour de détention jusqu’au procès, sous curatelle renforcée et sous traitement psychiatrique lourd.
C. H.


