Festival de la magie à Rennes : Gérard Souchet, le magicien fantasque

Crédit photo : Tinoy
Gérard Souchet, 46 ans, est à l’initiative du Festival de la magie de Rennes qui, lancé en 2008, n’en finit pas de grandir. Il aura lieu cette année au Triangle, du 16 au 22 janvier. Plus de 12 000 spectateurs sont attendus.
Le magicien sera aussi au Théâtre de Vitré dimanche 8 janvier à 16h, pour un “Cabaret magique des familles”.
Le Journal de Vitré : Depuis quand pratiquez-vous la magie ?
Gérard Souchet : Je n’ai pas le souvenir du moment où j’ai commencé. J’ai la sensation que ça a toujours été présent en moi, en fait. Ça fait partie de ma vie. J’ai eu la chance de rencontrer des magiciens quand j’étais petit. Je vivais à côté d’une petite salle de patronage où on allait voir des spectacles de magie.
Vos parents étaient-ils dans ce milieu ?
Non, pas du tout. Ma mère était femme au foyer et mon père était ébéniste. Mais il aimait beaucoup la magie, donc j’allais voir des spectacles avec lui.
Avez-vous eu, comme beaucoup d’enfants, une boîte à magie ?
Non, même pas ! Mais je m’étais fait un cahier de magie : je découpais tout ce que je trouvais sur le sujet dans les revues pour enfants ou dans les journaux. Je me souviens qu’il y a un tour que nous faisait souvent notre père, à table : le numéro de la pièce fondante (dans un verre) … Ça me fascinait vraiment. C’est peut-être ça qui a tout déclenché.
À partir de quel âge avez-vous commencé à vous produire devant un public, hors famille ?
Ça a commencé au lycée. Le surveillant général m’avait même demandé d’aller faire un spectacle dans une prison. Je faisais aussi des goûters d’anniversaire, ce genre de petites choses. Et puis, événement important, j’ai passé mon oral d’anglais, au baccalauréat, en faisant un tour de magie ! J’ai raconté à l’examinatrice (en anglais) une partie de l’histoire de la magie avec des cartes…
Combien aviez-vous obtenu ?
J’avais eu 11. Or, quand on sait que ma moyenne de l’année tournait à 1,5… c’était plus qu’inespéré ! Depuis, je me suis amélioré : je parle couramment l’anglais et l’espagnol, c’est important dans ce métier.
Avez-vous une spécialité, en tant que magicien ?
Ce qui me fascine beaucoup, c’est ce qu’on appelle les numéros de fantaisistes. Ce n’est pas forcément de la magie au sens technique du terme, mais c’est de la magie par l’univers que ça développe et les émotions que ça procure. Par exemple, j’ai un numéro où, avec simplement mes dix doigts, j’arrive à faire des personnages comme Louis Armstrong ou le Général de Gaulle sur un grand écran. J’ai aussi un numéro avec un tissu, un rond de feutre, avec lequel je crée 40 chapeaux et 40 personnages différents. Ce que j’aime avant tout, c’est rire avec les spectateurs.
Comment est née cette idée de festival de la magie à Rennes ?
Beaucoup de gens me disaient : on ne voit pas tes nouveaux spectacles. J’ai donc décidé de louer une salle et d’inviter deux amis magiciens pour créer un premier festival, en 2008. On a fait le plein (250 places dans la salle). Du coup, l’année d’après, on a remis ça mais dans une salle qui avait une capacité deux fois plus grande ; et on a doublé les séances. Pourtant, on a encore dû refuser du monde ! Cette année, j’ai loué le Triangle (620 places). C’est une belle salle pour travailler dans de bonnes conditions. Et on est parti pour accueillir plus de 12 000 spectateurs…
Quel est votre objectif, au travers de cette manifestation ?
Je ne fais pas ça pour gagner de l’argent. Je le fais pour montrer qu’il n’y a pas une, mais des magies. En fait, il y a autant de magies que de magiciens. Chaque artiste défend une vision de la magie. On se rend compte que les spectateurs qui viennent apprécient d’être surpris de ce qu’ils viennent voir. On n’est pas du tout dans l’épate, les paillettes ou le “Las Vegas”. C’est autre chose que j’essaie de proposer, avec de vrais artistes, qui amènent quelque chose en plus.
Le public est-il toujours aussi facile à séduire ?
Oui. Ce qui fait que ça fonctionne, c’est qu’on n’est justement pas dans le bling-bling, mais dans l’émotion, la poésie et l’esthétique. Les artistes ont le temps de développer leur univers et les gens rentrent dedans. Ils viennent ici pour rêver.
Propos recueillis par Cécile Rossin
Pratique : Festival de magie de Rennes, du 16 au 22 janvier au Triangle ; puis du 27 au 29 janvier à Vannes, les 4 et 5 février à Nantes-Orvault et du 10 au 12 février à Quimper-Ergué Gabéric. Tarifs à Rennes : 19 à 33 € la place pour les galas (20, 21 et 22 janvier) ; les détails sur http://vivelamagie.com. Gagnez vos places avec le Journal de Vitré du 30 décembre 2011 (bulletin p. 32).



Bon magicien, j’ai déjà eu l’occasion de l’admirer en spectacle.