Arrêté à Vitré, il a survécu à l'horreur d'Auschwitz

Dernière mise à jour : 07/09/2013 à 11:08

Jacques Zylbermine est revenu devant la maison où lui et sa famille ont été arrêtés, le 17 août 1943.
Jacques Zylbermine est revenu devant la maison où lui et sa famille ont été arrêtés, le 17 août 1943.

A bientôt 83 ans, sa mémoire est infaillible et sa verve intacte. Ses souvenirs sont une mine d’or. Son témoignage toujours bouleversant.
Jacques Zylbermine est né en Pologne le 8 mai 1929. En mai 1940, après un passage de sept ans à Nancy, la famille de Jacques pose ses valises à Perros-Guirec. « Quinze jours plus tard, Rommel (qui était colonel) et ses troupes emménageaient à l’hôtel de Granit rose, où nous logions. » Jacques devient « la mascotte » des Allemands. « Grand, blond, j’avais tout du parfait petit Aryen !  »

« Vitré, dernier endroit où j’ai été heureux »

1941. La situation des juifs se complique. La famille Zylbermine s’enfuit à Vitré. Jacques, ses parents et ses deux sœurs vivent au 3 rue Sévigné. C’est là qu’ils sont arrêtés par la Gestapo le 17 août 1943. « C’est à Vitré que j’ai eu mes derniers petits copains. C’est le dernier endroit où j’ai été heureux. »
Déportés, Jacques et sa famille sont conduits à Auschwitz III, en Pologne. Séparé de ses sœurs, Jacques n’a plus jamais entendu parler d’elles. « J’ai appris plus tard que mon père a été gazé tout de suite à l’arrivée. Et je n’ai jamais revu ma mère. »
Au camp d’extermination de Buna-Monowitz, Jacques est le plus jeune. « Je me suis retrouvé à décharger des sacs de ciment. Dix à douze heures de travail par jour, sous les coups. » Les détenus survivent trois ou quatre mois en moyenne. Jacques Zylbermine passera près de deux ans en enfer. « Pourquoi j’ai survécu ? Je n’en sais rien. J’ai juste essayé de m’accrocher à la vie. Avec les mains, les ongles, les dents… Tout ce que je pouvais. »
Infiltré chez les révisionnistes

La réalité de la guerre et de la Shoah, il la connaît mieux que quiconque. Alors lorsqu’il entend des propos négationnistes, il réagit « par l’indignation pure et simple ». Pourtant, il connaît bien le milieu des révisionnistes pour l’avoir infiltré pendant trois ans. « Je voulais essayer de comprendre ce qu’il y avait dans leur tête. » Jacques assiste à plusieurs réunions de groupe. « J’aurais pu faire une belle carrière de révisionniste », plaisante-t-il.
Aujourd’hui, et depuis près de 15 ans, l’octogénaire, qui habite Paris, revient souvent en Bretagne. Vendredi 10 février, il tenait une conférence à Balazé devant 180 personnes. « Je témoigne pour ceux qui sont restés. C’est la moindre des choses que je puisse faire pour eux. Je le ferais aussi longtemps que je pourrais. »

Lire cet article complet dans le Journal de Vitré du vendredi 17 février 2012.

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