Vitré Témoignage. Le Vitréen Christian Bossard souffre de la maladie de Charcot : « Ce n'est plus la même vie »

Le Vitréen Christian Bossard souffre depuis trois ans de la maladie de Charcot. Son quotidien chamboulé, il livre un témoignage bouleversant à l'aube de ses 60 ans.

17/03/2017 à 17:11 par Julien Sureau

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Christian Bossard est atteint de la maladie de Charcot.

Tout a basculé au printemps 2014. Une fois par mois, Christian Bossard rejoint la vieille garde de l’AS Vitré au Sport Center de Vitré. En petit comité, les anciens Sang et Or y jouent quelques matches de soccer. À plusieurs reprises, le sol se dérobe sous les pieds du vétéran. Christian Bossard pense alors qu’il s’agit du réveil d’une blessure à une cheville.

Le mal est plus profond. « Aux sports d’hiver, au mois de mars précédent, j’ai skié comme d’habitude. Mais je me sentais fatigué », raconte-t-il. Les chutes surprises se répètent. Les rendez-vous chez les spécialistes s’enchaînent.

Le kinésithérapeute d’abord, le neurologue ensuite. Les premiers tests (prise de sang, ponction lombaire) se révèlent rassurants. Christian Bossard pense alors que le plus dur est derrière lui. Son épouse est plus pessimiste. Elle aura malheureusement raison en octobre.

Le diagnostic, terrible, est tombé : le Vitréen de 57 ans, à l’époque, souffre de la maladie de Charcot (1).

« J’en ai bavé après cette annonce. Forcément, tu prends un coup derrière la tête », reconnaît-il aujourd’hui.

La mort ? « Je préfère ne pas y penser »

Le médecin n’a pas pris de gants : Christian n’a plus que quelques années à vivre. « Entre trois et cinq ans », estimait-il en 2014. L’évolution de sa maladie semble aujourd’hui freinée. Mais le Breton, originaire de Bruz, ne se fait guère d’illusions. La mort, la sienne, il ne veut pas en parler. « Je préfère ne pas y penser, élude-t-il. On verra. »

Christian Bossard a stoppé son activité professionnelle en mai 2015. Il travaillait chez Cooper Standard depuis 1982. Date à laquelle il s’était installé à Vitré. « En montant la clôture » de son jardin, il a fait la connaissance de son voisin Jean-Luc Bourge. Une amitié qui dure et qui s’est construite à l’AS Vitré, leur club. Christian Bossard a joué en seniors, a formé des joueurs, y a inscrit ses deux garçons avant d’intégrer le bureau de l’association.

Avec la maladie, le footeux a pris un peu de recul. Si les déplacements pour soutenir l’équipe fanion se font rares, il assiste encore aux matchs à domicile. « Je vais au stade municipal avec mon scooter », indique-t-il.

« Je garde le moral »

Une autonomie à laquelle il tient. Christian s’est acheté une voiture à commande au volant et a fait aménager sa maison. « Je garde le moral. Je fais tout pour ne pas être isolé, même si c’est difficile de rester acteur. Je sors et je suis même parti en vacances. » Avec son épouse et des amis, il s’est offert un voyage au Canada il y a quelques mois. Une respiration dans le quotidien, des instants uniques à partager.

Il y a encore deux ans Christian Bossard se déplaçait avec des cannes. Désormais, il ne quitte presque plus son fauteuil roulant. En plus de deux séances de kinésithérapie chaque semaine, il doit avaler quotidiennement un médicament. « Il permettrait de ralentir un peu la progression de la maladie », fait-il remarquer. Sa hantise : perdre l’usage des membres supérieurs et de la parole.

Match caritatif

Très entouré par ses proches, l’ancien électromécanicien est aussi soutenu par l’AS Vitré : le club profite du match contre le Stade Rennais B ce samedi 18 mars pour récolter des fonds pour l’ARSLA, une association de recherche. À l’origine, ce sont les épouses des membres du bureau du club qui ont lancé l’initiative.

« J’étais partant à 100 %. Il faut parler de la maladie de Charcot, les gens doivent être au courant. »

« On s’entraîne à faire des têtes ! »

En février, Christian Bossard a rencontré les jeunes de l’école de foot. « Ils m’ont bien écouté. » Des images qui renvoient à d’autres, plus sombres. « La chose la plus dure, c’est de ne plus pouvoir jouer au foot avec mes petits-fils », exprime-t-il. Avant de se reprendre : « On s’entraîne à faire des têtes ! »

Le Vitréen d’adoption vient d’être grand-père pour la troisième fois. « Une petite-fille, se félicite-t-il. Elle a un mois et demi. » C’est aussi pour elle qu’il ne compte pas abandonner la partie. Jusqu’au bout, il luttera. En dépit des moments de déprime :

« Du jour au lendemain, tout s’arrête ou presque, souffle-t-il. Ce n’est plus la même vie »

(1) La sclérose latérale amyotrophique (SLA), aussi connue sous le nom de maladie de Charcot, est une maladie neurodégénérative grave qui se traduit par une paralysie progressive des muscles impliqués dans la motricité volontaire. Elle affecte également la phonation et la déglutition.

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