Vitré Présidentielle. Entre indécision et déception : notre reportage sur le marché de Vitré

Perdus, tiraillés : à une semaine du premier tour de l'élection présidentielle, les électeurs rencontrés sur le marché de Vitré ont confié vivre une campagne particulièrement déroutante. Si la plupart ira voter, beaucoup hésitent sur le choix du candidat.

21/04/2017 à 15:18 par Julien Sureau

Panneaux d'affichage électoral près du Jardin du Parc à Vitré, dimanche 16 avril -
Panneaux d'affichage électoral près du Jardin du Parc à Vitré, dimanche 16 avril 2017.

Elle porte bien son nom cette place de la République. Ce 15 avril, comme chaque samedi, elle accueille son fromager sur roues, son maraîcher sur tréteaux. À une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, on y cause aussi beaucoup politique.

« Avec Macron, ça va continuer comme Hollande »

Du soutien de Pierre Méhaignerie à Emmanuel Macron, annoncé la veille, d’abord. François, qui tracte pour Fillon, ne comprend pas ce ralliement : « Ça m’attriste énormément. Je trouve qu’il se trompe complètement, désespère-t-il. C’est un renoncement par rapport à tous ses combats, lui qui a mis le développement des entreprises au cœur des priorités du Pays de Vitré. Avec Macron, ça va continuer comme Hollande. On aura des mesures mollassonnes. »

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Longtemps, les Vitréens ont suivi leur maire dans ses choix politiques, comme on allait à la messe le dimanche matin. Et en 2017, a-t-il encore ce pouvoir-là ? Un peu, pense Jean-Jacques, même si selon lui, la tradition est révolue :

« Avant, les gens n’étaient ni de droite ni de gauche. Ils étaient Méhaignerie. »

Pour Vincent, du Modem, « le positionnement de Pierre Méhaignerie va ajouter du plus ». Le Vitréen tracte pour En Marche ! depuis des mois. « On ne veut pas que les choses avancent en France, grogne-t-il. Macron est le seul candidat qui peut créer des alliances de projet au Parlement. »

Marie, Mickaël et Adrien, thermos à café sous les bras, viennent d’installer leur matériel. Leur champion s’appelle Jean-Luc Mélenchon. Cette campagne est leur première. « J’allais voter à reculons et je me posais même la question d’aller voter », formule Marie. La France insoumise l’a réconcilié avec la politique. Même chose pour Adrien, le plus jeune de la bande : « Militer pour des idées, sans être encarté, ça m’a permis de sauter le pas. » Et, lorsque la dynamique est positive, c’est forcément plus facile.

« Nous sommes arrivés dans les radars. Et depuis ça panique ! »

« Il y a beaucoup de dégâts »

Ces partisans de Mélenchon ont constaté, avec les déboires judiciaires de François Fillon (et Marine Le Pen), un rejet des politiques en général. « Quand on distribue des tracts, c’est ‘tous pourris’. Il y a beaucoup de dégâts. Les gens n’ont plus confiance, note Adrien. Au premier tour, il faut éviter le vote utile. Mais nous, on peut compter sur un vote de conviction. »

Anne, jeune quadragénaire, est moins sereine : « Je voulais absolument voter pour Yannick Jadot, mais il s’est désisté (au profit de Benoît Hamon), regrette-t-elle. On vote souvent par devoir et là, j’aurais voté par plaisir. Je vais revoter par devoir et ça m’énerve. » Entre Hamon et Macron, son cœur balance encore. « Très souvent, je me décide dans l’isoloir, au dernier moment. »

« Je vais revoter par devoir et ça m’énerve »

Corinne, sa copine, est également dans l’embarras. Mais elle ne s’abstiendra pas. « Le droit de vote, on l’a acquis. Il faut l’user ! Cette semaine, je vais bien reprendre les programmes, promet-elle. La campagne a été chaotique. Si tous les cinq ans c’est de pire et en pire, qu’est-ce que ça va être dans cinq ans ! »

Anne, Nantaise de 35 ans, désespère.

« Il a été très peu question des projets de société. Cette campagne n’a pas été très belle. Elle n’est pas très enthousiasmante, c’est puant même, ose-t-elle.

Entre Macron et Mélenchon, j’ai presque fait mon choix pour Mélenchon. Mais je ne suis pas hyperconvaincue… »

Sylvie, d’Argentré, est « dans le flou complet ». Son mari Patrick un peu moins. « Mélenchon, ça se précise. Avant j’étais socialiste, mais j’en ai ras-le-bol de la politique. Ça devient mafieux. »

Cet autre quinquagénaire, la moustache en plus, a envoyé sur les roses ce militant LR. « Parce que je ne vote jamais à droite ! », répond-il. Plutôt écolo, il ne glissera pas un bulletin Mélenchon :

« Il ne m’inspire pas plus que ça. C’est un tribun, mais ce qu’il y a derrière c’est autre chose. »

« Cette campagne n’a pas été très belle »

Maël, lycéen à Jeanne-d’Arc, ne votera pas cette fois-ci. Ça ne l’empêche pas de tracter pour François Fillon. « C’est le meilleur. Celui capable de tourner la page du hollandisme. » Et les affaires alors ? « On sait tous que les hommes politiques sont corrompus, qu’ils soient de gauche comme de droite, assure-t-il. Et au contraire, ça m’a donné encore plus envie de le soutenir ! »

Ainsi allait la vie sur la place de la République de Vitré, à quelques jours du scrutin.

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