Argentré-du-Plessis Groupe Pigeon : une aventure familiale née en 1929

Le groupe Pigeon emploie aujourd’hui 2 400 personnes dans 14 départements. Son histoire a commencé en 1929 à Argentré-du-Plessis. Alain Pigeon, 80 ans, témoigne.

Dernière mise à jour : 11/10/2012 à 14:56

Alain Pigeon dans le bureau de son père Jean qu'il a gardé intact. Derrière lui le portrait de ses parents.
Alain Pigeon dans le bureau de son père Jean qu'il a gardé intact. Derrière lui le portrait de ses parents.

1929. Année de crise internationale. Jean-Marie Pigeon, 49 ans, est charpentier à Saint-Aubin-des-Landes. Son fils Jean, alors âgé de 22 ans, travaille à ses côtés depuis qu’il a 11 ans.

Un héritage bienvenu

Un jour, se trouvant incapable de payer sa dette, un client de Jean-Marie lui propose la cession de ses deux sites d’extraction de pierre en guise de remboursement. Jean-Marie hérite ainsi des carrières de La Guérinière et de La Goderie, à Argentré-du-Plessis.
Il en confie l’exploitation à son fils Jean. Ce dernier travaille dure, cassant les cailloux à la masse dès 5 h 30 du matin. Secondée par son épouse Lucia pour les tâches administratives et financières, Jean cherche à améliorer les conditions de travail et la rentabilité de l’entreprise. En 1932, il achète son premier camion neuf, envoyant ainsi ses chevaux de transport à la retraite.

Alain “au charbon” dès 10 ans

En 1935, la famille emménage dans une maison neuve à La Guérinière, qui devient aussi -et est toujours aujourd’hui- le siège social de l’entreprise. « Mon père avait deux “trous” et il a construit sa maison entre les deux », image Alain, né en 1932.

« On est allé chercher des armes dans la forêt »

Pendant la guerre, Jean n’est pas mobilisé. Son entreprise tourne et réalise des routes et des chemins. Avec comme premier chantier l’empierrement du chemin du Bignon à Brielles en 1942. « Nous n’avions toujours qu’un camion, qui marchait au bois, se souvient Alain Pigeon, alors âgé de 10 ou 11 ans. Le soir, je cassais le bois et j’en faisais des petits tas pour le chauffeur. » En parallèle, Alain aide sa mère à remplir les fiches de paie. « A l’époque, c’était plus facile que maintenant !  »
A cette époque, Jean rejoint la Résistance. Un soir, peu avant la fin de la guerre, Alain accompagne son père en forêt du Pertre : « On entendait les avions lâcher des sacs. Dedans, il y avait des armes qu’on est allé chercher. Elles étaient destinées aux Résistants. »
A la Libération, Jean Pigeon emploie 40 salariés. Le maintien de son activité pendant le conflit mondial lui octroie un avantage certain par rapport à ses concurrents. Sa production accroît, il fournit en matériaux les entreprises locales.

1957 : début de la diversification

Alain intègre officiellement l’entreprise en 1948, rejoint quatre ans plus tard par son frère. Ils contribuent à l’amélioration des conditions et à la modernisation de l’outil de travail.
Jusqu’en 1957, l’exploitation des carrières est la seule activité de l’entreprise. La diversification intervient avec la création d’une usine de parpaings et de buses à La Guérinière. Puis celle d’une branche Travaux publics. Le groupe Pigeon est en marche. Jean le dirige. Alain et Michel, ses deux fils, le secondent.

« J’ai failli nous faire couler »

1967 marque un nouveau tournant. La carrière de La Poulinière, à Argentré, arrive en fin d’exploitation et ferme. Dans le même temps, Alain entreprend la rénovation de la carrière des Vallons, à Louvigné-de-Bais. Une route sera construite pour relier directement la carrière à la D777, qui traverse Louvigné. Un investissement global de 8 millions de francs. « C’était un gros risque, reconnaît Alain Pigeon. J’ai failli nous faire couler. Il n’y avait plus de sous et les banques ne voulaient pas me suivre. » Mais quelqu’un lui conseille de réaliser une opération financière afin de consolider la trésorerie. Et ça marche. « C’est grâce à lui que la société a continué. »

LFP : son “bébé”

1972. Alain Pigeon entreprend un autre pari « gonflé ». Fraîchement élu maire de Louvigné-de-Bais, il décide de « créer des emplois féminins sur la commune » avec La Française des Plastiques. Mais la crise pétrolière latente compromet le démarrage de l’activité. « J’avais les machines, mais pas de matière première. » Il monte alors à Paris pour tenter de débloquer la situation. « J’ai proposé de payer comptant alors que je n’avais pas un rond !  »
Son coup de bluff fait mouche. Alain Pigeon trouve finalement les fonds nécessaires et La Française des Plastiques, approvisionnée en matières premières, peut commencer la fabrication. Elle est aujourd’hui la seule société dont il n’a pas lâché les rênes. Et sa principale fierté. « J’y vais encore tous les jours. »
Remplacé par son fils Thierry à la tête du groupe en 2009, Alain Pigeon espère que la prochaine génération « prendra un jour le relais ».

00000 Argentré-du-Plessis

  1. le chauffeur
    6 décembre 2013 23:00
    une belle histoire que de chemins parcourue bravos a la famille
    aujourd’hui pour certains salarier l'avenir est moins pessimiste je pense aux ouvrier de la star et a ceux de brulé tp en particulier les bruies qui coure sont peut rassurant

    un ouvrier qui se demande comment finiras sa carrière sent jeu de mots

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