Corps-Nuds Henri Helmbold, homme de verre

Henri Helmbold, 57 ans, est maître verrier et dirigeant d’un atelier de vitraux d’art installé à Corps-Nuds. Un métier-passion en péril…

Dernière mise à jour : 14/09/2013 à 09:54

« En dix ans, la moitié des entreprises françaises spécialisées dans la fabrique de vitraux a disparu. Ce qui représente une perte de savoir-faire terrible », constate Henri Helmbold, maître verrier à Corps-Nuds depuis 21 ans.

Lui-même avoue redouter l’avenir pour son entreprise, les Ateliers Helmbold, même si la demande existe bel et bien. « Il y a toujours des particuliers qui nous demandent de leur créer des vitraux pour leur habitation : pour des baies vitrées, des crédences de cuisine ou des tableaux contemporains en verre. Ils nous trouvent par le site Internet », explique l’artisan.

« C’est un métier entièrement manuel »

Le problème vient plutôt de la perte de marchés publics en restauration de monuments historiques : « Il y a toujours autant de marchés ouverts, mais on ne réussit plus à les obtenir car les prix ont énormément chuté. Ils sont devenus incohérents par rapport au coût des matières premières », soutient Henri Helmbold, désabusé. Il a en effet dû se résoudre, en fin d’année, à licencier quatre de ses employés par suite de cette baisse d’activité.

Son regard s’illumine pourtant dès qu’il évoque son métier. « Un métier entièrement manuel, c’est ce qui est beau ». Lui-même a débuté en 1970, à l’âge de 14 ans. « Je cherchais un métier d’art et mon père avait un copain qui faisait du vitrail d’art ».

Un assemblage simple mais durable

La magie opère aussitôt sur le jeune apprenti, fasciné de voir comment ces « petits éléments de verre sertis de plomb et soudés à l’étain » parviennent à traverser les siècles. « Les plus anciens vitraux retrouvés ont été datés du IVe siècle après Jésus Christ », s’émerveille-t-il encore. « La technique est restée très traditionnelle, on n’utilise aucune machine dans l’atelier ».

« St-Just, dernière fabrique de verre pour vitraux en France »

Quant à la coloration du verre, elle se fait dans la masse, au moment de la confection des plaques de verre : « Il n’existe plus qu’une seule fabrique de verre pour vitraux en France. C’est à Saint-Just, près de Saint-Etienne », explique Henri Helmbold. Quand il s’agit d’effectuer des restaurations de vitraux d’églises – comme à La Guerche-de-Bretagne – ou de châteaux – il travaille actuellement pour celui de Vitré – il commande donc ses plaques de verre coloré là-bas.

Ces plaques sont ensuite découpées à l’atelier selon les besoins. Par ailleurs, les dessins que l’on trouve sur la plupart de ces vitraux sont effectués à base de peintures spéciales : « Ce sont des peintures à base de beaucoup d’oxydes métalliques. On cuit ensuite la plaque à 650 °C pour que la peinture se fixe sur le verre », détaille le maître verrier.

Sa passion, il la partage avec son épouse Catherine, secrétaire-comptable de l’entreprise, mais aussi avec trois de ses quatre enfants qui figurent parmi l’équipe des seize salariés.

Une passion contagieuse

Jean-Christophe, 30 ans, est technico-commercial. Audrey, 29 ans, est créatrice et passionnée de fusing, une technique de verrerie qui consiste à fusionner des morceaux de verre pour former une seule pièce homogène. Et enfin Cassandre, la petite dernière (21 ans), qui achève ses études dans une école de manager et sera amenée à reprendre l’entreprise paternelle quand celui-ci prendra sa retraite, dans deux ans et demi.

Henri Helmbold a ainsi réussi à transmettre son amour pour le travail du verre à une progéniture qui, au départ, ne se destinait pas du tout à ce métier. Cette jeune génération réussira-t-elle à faire perdurer l’entreprise familiale ? La jeune Cassandre, qui travaillera dans un premier temps au développement marketing des Ateliers Helmbold, se veut optimiste : « On va y arriver ! C’est une question de communication ».

« On a créé de nouveau produits, un nouveau concept de vitraux, confirme le chef de famille. Des vitraux plus clairs, qui laissent entrer la lumière et qui peuvent être intégrés dans le double vitrage des fenêtres ou des baies vitrées ». Une adaptation moderne de cet art antique, pour en assurer la pérennité et le savoir-faire quelques siècles encore ?

Cécile Rossin

Pratique : Ateliers Helmbold (vitraux d’art, fusing), au lieu-dit Le Choizel à Corps-Nuds. Contacts : 02 99 44 12 37 ou vitrail@ateliers-helmbold.com. Site Web : www.ateliers-helmbold.com/

Corps-Nuds, 35

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